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  NOVEMBRE 2005 / Espace François Mitterrand à LORGUES
  Corésie-Poèrs
  Veillées un
  Christine Renée GRAZ / danse
  avec Mathieu CHAUVIN, musicien et Pierre BOILEAU, danse.
  Corésie-Poèrs, la poésie et le corps.
  Un désordre des lettres, pour ordonner des formes partagées et ouvrir des espaces croisés.
Allusion à « Poésure et Peintrie », la manifestation qui rendait compte du passage d’un art à l’autre, entre peinture et poésie, notre proposition se construit en plusieurs temps, chaque fois dans la rencontre du corps avec un autre texte. Un texte musical, visuel, un texte déclamé ou écrit dans le corps, dans la danse.
Lecture plus que spectacle. C’est un mini petit cabaret au milieu du réel.
Une veillée avec de la musique, du silence, de la tension, des corps. Pas de loge. Pas de coulisse. Une scène première. Prétexte à être ensemble.
 
 
 
   
  L’origine des veillées corésie poèrs, c’est le New-York des années 50.
  Alwin Nikolaïs revient d’Europe.
Après le débarquement.
Pour Nik, il n’est plus possible à la suite du choc post atomique de présenter sur scène une danse organisée autour de la présence magnifiée du danseur, selon le modèle académique : un corps extraordinaire, centre et axe du mouvement.
Inventer un corps, en le construisant d’une certaine manière, selon une certaine méthode va être son objectif afin de tenter l’élaboration d’un corps porteur d’une idéologie démocratique.
La technique permet à chacun de révéler sa singularité, le propos de sa physicalité propre. A ce registre, dans l’écoute des différences, des étranges résonances du vivant… un paysage corporel se donne à lire, dans une belle humanité. Corps-Action-Poésie.
 
 
 
 
   
         
  Lasdada Lasdada
 
 
 
   
  Form come from no Form
  Aujourd’hui, la résonance de cette démarche s’impose. Dans un panorama d’inquiétude, de désarroi, de dépossession de soi même par les stratégies complexes de communication et les économies du profit, la personne est en quête de reconstruction autour d’un corps d’expérience en lieu d’un corps instrumentalisé par de multiples représentations qui s’offrent comme modèle.
Se régler sur ce qui est et ce qu’il est, c’est à dire faire un retour au réel du corps.
Pour cela, compter sur la physicalité en premier regard et comme un tout.
A la suite de Nikolaïs, nous avons formulé des compositions de corps qui nous ont amenées à envisager un approfondissement de l’écriture chorégraphique en regard de l’instant plus que de la forme. Nous avons fait reposer nos réflexions sur l’approche d’improvisation du corps à partir des données abstraites du mouvement : le temps, l’espace, la forme, la « motion », nous avons appréhendé l’écriture chorégraphique selon un schéma plus souple, intégrant le « mood » de chacun. C’est à ce moment que des rencontres avec des musiciens improvisateurs et des slammers nous ont fait envisager la place du corps, de l’énergie propre à chacun comme moteur d’un moment poétique instantanément lisible.
Nous avons eu envie de proposer des moments dans lesquelles musique, danse et texte s’explorent à partir du corps. Un  « body slam » déclamant la personne en direct.

 
 
 
 
 
 
 
   
  Take the Body Slam !
  Scène ouverte.
Donner chair au théâtre intérieur.

Interposer la représentation et l’image,
Une danse singulière.
Un oui et un non autrui.
Fictions dans le cadre urbain.
Architecture ouverte.
Déplacement du théâtre dans le théâtre.
Projection du visible ou figuration du réel.
Revendiquer le statut du vivant.
Affirmer.
Fonctionner sur une autre scène que celle qui domine et ordonne l’idéologie de la représentation.
« Donner à voir » dans une disposition des signes plus improbable.
La source spectaculaire s’appelle le mouvement.
Issu d’une nécessité, d’une urgence, d’une limite, de facteurs émotionnels…
Le mouvement lié à l’énergie. Qui indique au corps comment sortir le geste, la voix, comment habiter l’espace, le temps.

 
 
 
 
 
 
 
 
   
  Un drap tendu entre deux arbres…

  Comme des papillons attirés par la lumière, les artistes entrent l’un après l’autre sur la scène.
Papillon d’action-poésie.
Danseurs qui travaillent l’improvisation comme écriture instantanée.
Slammers qui déclament des rythmes-textes.
Musiciens attrapant le son avec l’instant.
Ce sont des numéros mais on a enlevé toute la couche du spectacle.
Reste l’évidence.
 
Repères
Christine Renée Graz suit un cheminement à la lisière de plusieurs champs, Danse/Art plastique/Image et interroge au travers d’une approche de la danse de type laboratoire, les données de l’acte performance : corps-mouvement-espace.
Elle donne corps à un projet Black Box, boîte noire de la danse pour aller puiser ce qui se passe à l’intérieur de la mécanique, de l’autre côté du corps…. Les traces laissées par l’inconscient du monde…
Formée par Alwin Nikolaïs, Christine R. Graz, questionne la relation de la danse avec le vivant, le débordement, l’instant, l’inconnu.
Depuis 1992, elle invite des artistes à partager un laboratoire d’échange : lasdada. Ses complices, Pierre Boileau, Skall ont partagé avec elle l’aventure du Cabaret minimaliste à Paris et à Tokyo et l’accompagnent dans des propositions qui les amènent immanquablement au bord de l’inconnu, vers des formes informulées, des moments distendus et les confrontent à des matières injustifiables mais évidentes : une certaine expression du monde.
Le langage du corps issu de ces travaux fait parler la singularité de la personne. La danse s’exprime dans le solo, l’énonciation, la singularité. En réponse à ces élans, le slam lance à partir du corps, le tracé de mots au bord du théâtre. La musique est une action du corps qui emplit l’espace de matières sonores.
 
L’équipe Corésie-Poèrs, (pour les Veillées un, trois, cinq)
Mathieu Chauvin est plasticien et musicien. Son approche de l’improvisation place le corps en première ligne.
Il envisage aussi la création d’images vidéo comme traduction d’état d’écoute, une peinture sonore.
Skall est plasticien et performe avec sa sensibilité sur la scène première.
Pierre boileau est danseur-performer. Il enseigne la danse improvisée à l’Université de Strasbourg.
      www.lasdada.com
 
  Une co-production M.D.L.C. et le L.A.C. avec le soutien du Conseil Général du Var et de la Municipalité de Lorgues

 
  SLAM, DANSE, ACTION
Corésie Poèrs Décembre 2005 avec :
Le Donz, Mariusz Grygielewicz, Christine Renée Graz
Conception Lasdada : Christine Renée Graz
Mars 2006
[mac]
musée d'art contemporain
69, avenue d’Haïfa - 13008 Marseille
 
 
 
 
 
   
   
 
www.mdlc-lef.com