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  Galerie Le Garage, 2 place Auriol Lorgues (Var) / France
   
  Jérémy Laffon
  Plantations de Paysages (mes chinoiseries)
Installation de Jérémy LAFFON, bondage son de Thierry AZAM
encre de Chine, gobelets, épingles
 
 
     
     
 

Plantations de Paysages (Mes Chinoiseries) est une installation murale aux dimensions variables (93 pièces sont actuellement regroupées), conçue pour évoluer selon le rythme de production; le processus étant réalisable à l'infini sans qu'aucune pièce ne soit jamais identique à une autre.

Conçue en Chine, cette pièce prend son origine dans mon désir de me réapproprier la pratique de l'encre, fortement présente dans la culture traditionnelle chinoise. Ainsi, encre et papier sont ici seuls matériaux. Cependant je ne pouvais me résoudre à les utiliser tel un peintre.
S'appuyant sur le stéréotype de l'artiste traditionnel chinois (peintre-calligraphe), l'utilisation faite ici de l'encre semble être -au premier abord- aux antipodes de la pratique ancestrale, mais porte tout de même en soi le principe d'expérience acquise par la patience et la répétition, une certaine idée de la maîtrise. En effet ces "plantations" demandent malgré l'apparente vacuité du geste artistique, une attention quotidienne, tel le jardinier surveillant, entretenant et arrosant régulièrement les objets de son attention.


Tout comme dans la vidéo Symphonie #1 op.09, le geste de l'artiste consiste à mettre en place un dispositif, le laisser évoluer, l'observer et en conserver la trace; ceci laissant une part relative à l'aléatoire. A la manière du scientifique, le geste artistique est ici acte de "constat". Ces formes courbées peuvent évoquer des vues échographiques, prenant ici place dans une échographie du temps
déroulé, de la vanité.

L'idée d'un objet résultant de la négligence du peintre (laissant son encre s'évaporer au fond de ses pots, évoquant un certain refus) m'intéressait particulièrement, tout comme celle d'utiliser un matériau aussi commun et sans valeur qu'un gobelet en carton, faisant de l'œuvre finale un objet "précieusement minable".
De plus, la forme du gobelet déplié rappelle celle de l'éventail -objet asiatique par excellence-, ainsi que le format adopté dans la réalisation de certaines calligraphies traditionnelles chinoises.

Cette pièce rappelle l'idée déjà développée dans de précédents travaux d'un "art empoté", à prendre au sens propre comme au figuré, faisant de l'artiste un individu gauche tentant de trouver quelques subterfuges afin de pallier à cette maladresse. Mais au-delà du jeu de mot, ces "plantations" rejoignent l'idée d'un "d'art minable", déjà sous-jacente dans de nombreux travaux.

Ce "jardinier imaginaire", implicitement présent dans cette pièce, s'avère être un personnage-artiste auquel je m'identifie, succédant à "l'errant", "l'empailleur" ou "l'empoté".

     
   
     
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